2025 s’est imposé comme un tournant majeur pour le marché français et européen des véhicules électriques. Une dynamique portée pour beaucoup par le bonus écologique et le leasing social. Mais au-delà des chiffres, quel est réellement l’impact de ces dispositifs sur l’adoption de la mobilité électrique ? On fait le point.
Les résultats sont là, incontestables : après une longue période de stagnation (ou de légère baisse) des ventes, le dernier trimestre 2025 a vu les immatriculations de véhicules électriques exploser. Une reprise forte, due en grande partie au leasing social et au bonus écologique. Pour ne citer qu’un seul chiffre, près de 34 000 véhicules électriques ont été immatriculés sur le seul mois d’octobre, représentant un quart des ventes de voitures neuves en France. Ce niveau inédit n’aurait probablement pas été atteint sans ces mesures incitatives. C’est pourquoi les constructeurs ajustent désormais leurs gammes pour répondre à la demande, en particulier sur les modèles abordables et compacts qui représentent la majorité des ventes du segment.
Un accès facilité et qui transforme les usages
Mais bonus écologique et leasing social ne se contentent pas de stimuler la demande : ils permettent également de réguler le marché. En ouvrant l’accès aux véhicules électriques à des populations qui, sans ces aides, en resteraient exclues, le gouvernement favorise une transition socialement plus équitable. L’électrique devient alors (enfin !) un choix pragmatique pour un public large. Et cela se traduit également dans les usages ! Les ménages bénéficiant du leasing social utilisent en effet ces véhicules pour des trajets du quotidien, ce qui contribue non seulement à réduire les émissions globales mais aussi à familiariser les consommateurs avec ces véhicules électriques puisqu’ils font de plus en plus partie de leur quotidien…
Des limites et des défis
Cependant, les effets de ces mesures ne sont évidemment pas dénués de limites. Le bonus écologique, par exemple, nécessite des ajustements constants pour rester efficace. Le leasing social, quant à lui, repose sur des quotas et des critères d’éligibilité précis. Si le dispositif est trop restrictif, il ne permettra pas d’atteindre la masse nécessaire pour opérer efficacement la transition du marché. S’il est trop large, au delà de l’énorme coup qu’il induirait, il peut générer une demande supérieure à la capacité de production des constructeurs et des infrastructures de recharge. La gestion de ces dispositifs nécessite donc de trouver un équilibre difficile entre incitations fortes, accessibilité et réalités économiques. En ces temps de nécessaires restrictions budgétaires le défi n’est pas des moindres…
Un réel impact à long terme
Pour autant, c’est une réalité absolument incontestable : bonus écologique et leasing social stimulent la production, encouragent l’innovation et orientent les choix des consommateurs vers des modèles plus propres. Par effet de dominos, les constructeurs sont ainsi incités à développer des véhicules moins coûteux, plus petits que les berlines qui jusqu’ici constatées l’essentiel du marché, et avec une autonomie adaptée aux besoins quotidiens. Enfin, ne l’oublions pas : ces mesures peuvent également servir de levier pour transformer durablement les habitudes de mobilité. Et pour cause : en familiarisant les consommateurs avec l’électrique, en peuplant désormais les rues de nos villes ou les routes de nos campagnes, elles contribuent forcément à une adoption plus large.