Une voiture électrique est-elle meilleure pour le climat, si l’on considère l’ensemble de sa durée de vie ? C’est précisément à cette interrogation que vient répondre l’Analyse de Cycle de Vie. Mais si celle-ci est aujourd’hui devenue un outil de référence, elle ne suffit pas toujours à éteindre les critiques contre les mobilités vertes. Voici pourquoi.
Qu’est-ce que l’ACV ?
Comme son nom l’indique, l’Analyse de Cycle de Vie (ACV) permet d’appréhender l’impact environnemental d’un véhicule depuis l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie, en passant par sa fabrication, sa livraison en concessions ou au domicile de l’acquéreur et son usage quotidien. Mais derrière cet outil qu’on pourrait croire purement objectif, il est très fréquent de voir les chiffres diverger d’un modèle et d’un constructeur à l’autre. Conséquence : le débat demeure toujours aussi vif, et les fake news sur le sujet peinent à s’éteindre.
Pourquoi ces différences ? Tout simplement parce que les méthodes utilisés ne sont pas forcément les mêmes. En effet, certains calculs s’arrêtent à la sortie d’usine ou/et supposent un usage de 150 000 kilomètres, quand d’autres intègrent le recyclage du véhicule et/ou 250 000 kilomètres. De même, certains prennent un mix électrique européen moyen pour référence alors que d’autres lui préfèrent un mix national précis. Difficile de s’y retrouver, donc !
Aucune harmonisation mondiale des normes ACV en 2026
Ces différences méthodologiques expliquent donc qu’un même V.E. peut afficher des bilans carbone très différents d’une étude à l’autre. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, en 2026 il n’existe toujours pas de norme mondiale unique imposant un cadre strict aux ACV automobiles. D’où une certaine confusion du public, et la persistance de ces arguments qui laissent à croire qu’un V.E. est plus polluant qu’un véhicule thermique. D’ailleurs, profitons-en pour remettre les points sur les i !
Un début de vie polluant, mais une dette carbone rapidement compensée
Oui, c’est vrai : la fabrication d’une voiture électrique est plus émettrice de CO2 que celle d’un véhicule thermique équivalent. En cause la batterie, bien sûr. L’extraction des métaux rares, puis l’assemblage des cellules sont – comme on le sait – des processus énergivores et polluants car encore largement dépendants des énergies fossiles. Concrètement, une voiture thermique compacte génère en moyenne entre cinq et six tonnes de CO2 lors de sa fabrication quand un modèle électrique équivalent en exige entre huit et dix. Mais, aussi irréfutable que soit ce constat, il ne condamne pas la voiture électrique pour autant, loin s’en faut.… Car sa dette carbone des premiers instants sera largement compensée tout au long de sa vie. En combien de temps ? Tout dépend des pays.
Les V.E. sous dépendance du mix électrique des différents pays
En France, où le mix électrique est largement décarboné, une voiture électrique émet très peu de CO2 par kilomètre parcouru, ce qui rend la compensation de sa dette carbone plutôt rapide à atteindre. Moins dans d’autres pays où l’électricité repose encore massivement sur le charbon ou le gaz. Or, de toute évidence, une voiture électrique ne peut en aucun cas être plus propre que l’électricité qui l’alimente. C’est pourquoi un même véhicule pourra afficher un excellent bilan carbone dans un pays, mais beaucoup moins favorable dans un autre. C’est aussi simple que cela !