Depuis environ un an, la firme d’Elon Musk traverse une crise profonde. Là où le marché des VE connaît une croissance globale, Tesla perd du terrain. Voire s’écroule sur certains marchés européens. Mais pourquoi donc ce soudain désamour ?…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: pour le seul mois d’octobre 2025, les immatriculations de Tesla dans l’Union européenne, l’EFTA et le Royaume‑Uni se sont littéralement effondrées, avec seulement 6 964 véhicules vendus. Soit un recul de 48,5% par rapport à octobre 2024, et près de 30% sur douze mois. Un recul historique et d’autant plus frappant que le marché européen des V.E, lui, ne faiblit pas. Au contraire : sur la même période, les ventes de véhicules 100% électriques ont progressé, et de nombreux concurrents ont renforcé leur offre avec des modèles plus abordables, variés et adaptés aux attentes actuelles. Autrement dit : la chute que vite Tesla ne vient pas d’un désintérêt global pour l’électrique ( bien au contraire ! ), mais d’un net repositionnement du marché. Une question s’impose alors : et si, contre toute attente, Tesla venait à rater le tournant ?…
Fin 2025, Tesla a chuté de près de 90% sur certains marchés
Dans plusieurs pays européens, le recul des ventes de modèles Tesla se traduit par des baisses spectaculaires de plus de… 80% ! En novembre 2025, par exemple, c’est une chute des ventes de 89% que la firme californienne a enregistré en Allemagne quand en France la baisse est certes moindre ( mais sérieuse tout de même ! ) : 67%. En clair, l’offre concurrente, souvent moins chère et plus diversifiée, grignote rapidement les parts de marché du constructeur américain. Même la relance annoncée avec la version revue de son modèle phare ( le Model Y ) n’aura pas suffi à inverser la tendance. Moralité : le problème ne semble pas se limiter à la supposée obsolescence du dit-modèle, mais paraît bien plus profond. Donc plus inquiétant.
Pourquoi un tel recul ?
Pour expliquer cette forte chute des ventes, plusieurs facteurs semblent converger. D’abord, alors que d’autres marques (historiques ou émergentes) investissent massivement pour proposer de nouveaux modèles, Tesla conserve sa gamme centrée uniquement sur ses modèles historiques. Mais, dans un contexte devenu très concurrentiel qui en appelle à la nouveauté, se reposer sur ses lauriers peut s’avérer très contre-performant. De plus, des marques comme BYD, XPeng ou Polestar se positionnent en Europe avec des modèles électriques compétitifs, souvent vendus à des prix plus accessibles et répondant aux attentes actuelles. Une pression supplémentaire qui vient fragiliser un peu plus la capacité de Tesla à séduire un public plus large. D’autant que son positionnement premium et très techno semble moins adapté à la demande actuelle, celle d’une mobilité électrique accessible à tous. Conséquence : son offre apparaît parfois déconnectée des besoins réels.
Les prises de position d’Elon Musk ne peuvent pas pas tout expliquer !
Mais ce n’est évidemment pas tout ! On le sait, la réputation du constructeur est étroitement liée à son dirigeant aussi emblématique que sulfureux. Or, son engagement politique auprès de Donald Trump, sa brouille hypermédiatisée, et ses régulières prises de position polémiques ( doux euphémisme ! ) a sans aucun doute contribué à détourner une partie de la clientèle européenne, beaucoup plus sensible que lui aux enjeux sociétaux et éthiques. Mais, non, cela ne peut pas tout expliquer ! D’autres facteurs, forcément, agissent qui viennent renforcer encore l’impact de cette image fortement écornée… Alors, sans renouvellement profond de sa stratégie, Tesla risque bien de voir ses parts de marché fondre encore. Car son recul actuel marque incontestablement la fin d’un cycle, voire d’une époque : celle d’une mobilité électrique « de niche » qui appartient définitivement au passé !